Bonjour et bienvenue pour la présentation du premier manuscrit du groupe d’Ada ! Il s’agit de l’Évangéliaire dit de Charlemagne ou de Godescalc. Il est conservé à la Bibliothèque Nationale de France sous la cote NAL 1203.

Détails
Il s’agit d’un manuscrit en parchemin relié de 127 folio.
Il a une taille de 210×210 mm.
Rédigé en latin sur deux colonnes au palais impérial (Worms?), il date du VIIIe s. (781-783).
On y retrouve des capitales massives stylisées, des capitales romaines ainsi que de l’onciale calligraphiée à l’or et l’argent, exception faite du poème de dédicace de Godescalc, en minuscule caroline.
Description
Le texte est rehaussé d’encadrements ornés d’entrelacs et de rinceaux dont les motifs et les coloris se renouvellent à chaque page.
La mise en page est caractéristique de l’école du palais : décors somptueux (peintures en pleine page, cadres entourant le texte), richesse des matériaux qui le composent (parchemin pourpré écrit en lettres d’or et d’argent). Ce manuscrit fait d’ailleurs partie des premières manifestations d’un style hybride antiquisant et insulaire propre à la période carolingienne.
On y trouve six peintures en pleine page entourées de cadres ornementaux.
Le style et la composition des peintures montrent une variation dans l’exécution des portraits des évangélistes que l’on peut classer en deux groupes : Matthieu et Jean d’un côté ; Marc et Luc de l’autre. On peut supposer que deux artistes se sont partagé le travail.
De plus, l’étude des pigments a révélé l’utilisation rarissime du bleu égyptien pour la coloration des oiseaux de la Fontaine de vie, mais sans que l’on puisse préciser l’origine du pigment ni sa date de fabrication.
Cet évangéliaire est remarquable à plus d’un titre, notamment parce qu’il s’agit du plus ancien manuscrit réalisé pour la nouvelle dynastie, près de vingt ans avant que Charlemagne soit sacré empereur. Il est le seul témoin du début de la réforme liturgique.
Resté dans l’entourage des souverains carolingiens, probablement dans le trésor à Aix-la-Chapelle, on suppose qu’il a pu être donné par un descendant de Charlemagne à l’abbaye Saint-Sernin à Toulouse où il y demeura durant tout le Moyen Âge.
Photos






Le style est vraiment très riche, que ce soit au niveau du dessin que de la couleur.
Le dessin
Les encadrements ont plusieurs niveaux : d’abord une baguette toute simple dorée, puis un bandeau plus large et richement décoré. Ces décorations sont très nombreuses, puisque l’on trouve aussi bien des entrelacs que des motifs végétaux ou géométriques dont beaucoup jouent avec les couleurs.
Les décors sont assez détaillés et il y a des essais de perspective dans les arrière-plans. Le trait est beaucoup plus réaliste que pour l’enluminure mérovingienne, même si les poses sont parfois un peu étranges.
La couleur
On peut voir ici à quel point la palette carolingienne est riche !
Pour les bleus, on trouve de l’indigo et du bleu égyptien. Pour les verts, il y a du vert de cuivre et du vert composé, de l’orpiment et de l’ocre pour les jaunes, du minium, du folium et des terres pour les rouges, du blanc de plomb et du noir de carbone.
Concernant les métaux, l’or et l’argent sont utilisés.
Mon avis
Honnêtement, j’en ai plein les yeux. Il me faudrait des heures, voire des jours pour aller au bout de tous les détails qui composent ces pages. Et encore, je ne vous ai pas présenté les encadrements des pages suivantes !
J’adore la rondeur et la douceur du trait, et particulièrement la manière dont est dessiné le visage du Christ. Je trouve que c’est très moderne, on dirait presque un manga.
J’adore également la manière dont les couleurs sont travaillées, que ce soit leurs associations entre elles ou les mélanges qui sont fait pour obtenir différentes teintes.
Ce sont des pages très fournies. Peut-être trop pour certains. Mais j’adore.
Voilà pour cette présentation de l’Evangéliaire de Godescalc. Dites-moi en commentaire ce qui vous plait ou pas dans ce manuscrit !
A très bientôt !