Bonjour et bienvenue ! C’en est terminé des manuscrits du groupe d’Ada ! Mais pour rester encore un peu dans l’ambiance carolingienne, je vais vous présenter des manuscrits de l’école de Charles le Chauve. Je commence avec l’évangéliaire de Charles le Chauve, conservé à la BNF sous la cote latin 323.
Détails
Il s’agit d’un manuscrit en parchemin relié de 201 folio.
Il a une taille de 235×170 mm.
Rédigé en latin, il date du 3e quart du IXe siècle.
On y retrouve des capitales romaines, la capitale rustique et la caroline.
Description
Ce manuscrit fait partie du groupe des six Évangiles réalisés dans l’école du Palais de Charles le Chauve. Sa provenance reste incertaine, malgré la présence d’un censier du XIIIe siècle dont l’origine n’a pu être précisée.
Ces Évangiles auraient servi à l’empereur Charles le Chauve, ainsi que le relate l’inventaire des manuscrits du duc et maréchal Adrien-Maurice de Noailles (1678-1766), à qui ils ont appartenu. Le manuscrit est acquis par la Bibliothèque royale en 1740, avec une partie de la collection Noailles.
Il manque plusieurs pages au manuscrit, dont le portrait de Saint Matthieu.
Source : notice de la BNF
Photo




Le dessin
Charles le Chauve se dote d’une école d’enluminure à la convergence des courants artistiques nés dans les décennies précédentes, empruntant les caractéristiques des enluminures de Metz, Reims et Tours.
Comparé au trait de l’école de Charlemagne, celui de l’école de Charles le Chauve est beaucoup moins soigné, parait moins précis et plus nerveux. Les personnages sont moins bien proportionnés, ont moins de rondeur. Il y a beaucoup moins de détails dans les pleines pages.
Source : BNF – Une renaissance politique et culturelle
La couleur
La palette de couleurs reste assez sobre : indigo, vert, rouge, et beaucoup d’or traité en aplats et en filigranes. Les pigments sont pour la plupart posés en aplats, et pas forcément de manière très soignée.
Il y a beaucoup moins de mélanges dans les couleurs, moins de subtilité dans la pose des pigments, et ce, malgré tous les détails visibles dans les encadrements.
Mon avis
Si je trouve ce manuscrit intéressant pour les détails des encadrements et la décoration de ses lettrines, il est loin d’être l’un de mes préférés au niveau du style de dessin. On est loin, très loin de la rondeur des personnages que j’affectionnais tant dans les manuscrits du groupe d’Ada. On est loin aussi des décors en trompe l’oeil et de l’influence byzantine.
Mais on ne peut nier que le travail de l’or est remarquable.
On est d’accord, ça n’a rien à voir ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?
Dites-moi en commentaire quel style vous préférez et ce que vous pensez de ce nouveau manuscrit !