Quelles sont les couleurs qui composent la palette mozarabe ? Comment étaient-elles utilisées ?
C’est ce que je vous explique aujourd’hui !

Il n’y a pas à dire, la palette de couleurs mozarabe est loin d’être discrète. On pourrait croire qu’elle est simple, mais c’est loin d’être le cas. C’est d’ailleurs celle qui m’a posé le plus de problèmes durant la réalisation de mon manuscrit.
Introduction
Comme je vous l’expliquait dans mon précédent article, l’enluminure mozarabe est un mélange entre influences wisigothiques, byzantines et musulmanes. Les wisigoths étant un peuple germanique, on retrouve dans l’enluminure mozarabe le même genre de caractéristiques que dans l’enluminure mérovingienne. Il en va de même pour la palette de couleurs mozarabes.
Souvenez-vous de la palette de couleurs mérovingienne. Elle se composait de :
- Blanc : Blanc de plomb
- Jaune : Orpiment
- Rouge : Minium, hématite
- Vert : Vert-de-gris
- Bleu : Indigo
- Noir : Noir de fumée
La palette mozarabe
Blanc
Dans l’enluminure mozarabe, le blanc est utilisé tel quel, la plupart du temps pour apporter du relief à de menus détails, tels que des cernes de lumière ou des motifs décoratifs. Mais il peut également être utilisé pour remplir des espaces plus importants ou gouacher certaines couleurs.
Pour citer quelques pigments : le blanc de plomb, de craie ou d’argile.
Jaune
Le jaune était l’une des couleurs dominantes de l’enluminure mozarabe. Tout comme dans l’enluminure mérovingienne, il servait à apporter la lumière, même si l’or était également utilisé à ces fins.
Pour citer quelques pigments : l’orpiment et l’ocre jaune.

Rouge
Le rouge est la deuxième couleur dominante de l’enluminure mozarabe. On en retrouve de nombreuses teintes, des plus vives aux plus sombres.
Pour citer quelques pigments : minium, vermillon, cinabre, pourpre, garance, follium et autres rouges violacés composés.

Vert
Le vert se fait une bonne place dans les couleurs mozarabes, qu’il soit naturel ou composé. Pour citer quelques pigments : vert-de-gris, malachite ou vert composé d’orpiment et d’azurite ou d’indigo.

Bleu
Plusieurs teintes de bleu sont utilisées dans l’enluminure mozarabe, où ce pigment à bonne place. On retrouve principalement l’indigo et l’azurite ou lapis lazuli.

Noir
L’enluminure mozarabe est un des rares styles du début du moyen-âge utilisant le noir tel quel. En effet, ça n’est pas le cas, ou très rarement, dans l’enluminure mérovingienne ou carolingienne où il sert en général à cerner les formes ou assombrir certaines contreformes.
Le noir est généralement obtenu grâce à la combustion d’éléments organiques tels que le bois ou la graisse.

Brun
Il n’y a pas ou peu de nuances de brun dans l’enluminure mozarabe. Les bruns ou les couleurs s’en rapprochant sont souvent issus de mélanges entre rouge et indigo.
Utilisation
Les couleurs mozarabes sont utilisées en aplats ou en transparence sur lesquels sont superposés des motifs décoratifs végétaux ou géométriques qui donnent du relief aux formes. En effet, dans ce style, pas de fondus ni de dégradés ! Les couleurs sont aussi principalement utilisées telles quelles. Il n’y a que très peu de mélanges, soit pour gouacher une couleur, soit pour la teinte de la carnation.
A retenir
La palette de couleurs mozarabe est très proche de la palette mérovingienne dans son utilisation, mais se rapproche plus de la palette carolingienne par la diversité de ses pigments. Elle se compose de :
- Blanc : blanc de plomb ou de craie
- Jaune : orpiment et ocre jaune
- Rouge : minium, vermillon, pourpre (murex, cochenille), folium
- Vert : vert-de-gris, malachite, verts composés
- Bleu : indigo, bleu de cuivre, azurite, lapis-lazuli
- Noir : noir de fumée
Et vous, que pensez-vous de cette palette de couleurs ?
La trouvez-vous riche ? Éclatante ? Criarde ?
Dites-moi tout en commentaires !